1. Quelle est la bonne représentation du convenable?
  2. Que doit-on montrer en matière d’érotisme?
  3. Pour qui sont fait ces films?
  4. Où se place votre libre arbitre

Dans le même genre, 50 nuances, le film se base sur une relation passionnelle  du prince charmant qui a tout pour lui  mais qui est sexué, chose plus ou moins subversif à montrer à l’écran et qui enfonce le clou du puritanisme quand détournement d’une vierge,pour la pervertir aux plaisirs plus extrêmes catégorisés BDSM. OH, my god ! Dans la réalité, c’est nettement moins lisse, policé et romantique.

Rebelotte, polémique avec cette nouvelle adaptation d’un mommy porn, Polonais cette fois.  Le livre n’a pas été censuré. Il a trouvé non seulement un éditeur mais un lectorat de plus en plus nombreux d’abord en Pologne aux États-Unis puis en France.

Devenons tous incultes, incapables de discernement ?

Cette version visuelle ne concourra pas dans la catégorie art et essai ou film engagé, car ce n’est pas ce qu’on lui demande. C’est du divertissement pour adultes,(+16 ans).  Au 21e s, le sexe a dû mal trouver sa place sans se heurter à la morale.

Ce film est un basique du genre érotique. Est-ce choquant ? Oui, probablement mais aussi excitant car transgressif et puis cela n’en reste pas moins une romance. (une fiction)

Qu’est-ce qui choque ? Le plaisir prit dans un acte débridé où l’image de la femme objet véhiculée. Dans la réalité ne stéréotype n’est pas si clair,femmes et hommes peinent à trouver leur place.

La femme ne doit pas être, ni perçue comme une chienne (femme qui a des désirs sexuels) ni comme une soumise ( qui subit les désirs du partenaire homme ou femme). Elle n’est pas un objet dédié à l’assouvissement des désirs bestiaux des hommes.

Tout cela est louable. Il est primordial d’encourager un comportement respectueux et consenti quel que soit le partenaire ou son genre sexuel.

Mais là n’est pas la question à mon sens.

Nous sommes cernés de toutes parts par les violences les incivilités, l’homophobie, le sexisme, le racisme. La parité n’est pas là, ni l’égalité entre hommes et femmes. Nous faisons face à une augmentation des féminicides, c’est dire si le droit des femmes est bafoué. Nous subissons au quotidien des maltraitances sans même sans rendre compte, ou réagir.

S’insurger contre une vision archaïque de la femme objet, c’est légitime !  Le débat mérite d’être porté mais il ne faudrait pas pour cela en faire de la femme une icône puritaine qui n’a plus aucun désir ni sexualité.

La sexualité n’est pas quelque chose de rose bonbon qui s’enveloppe d’une aura magnifié de douceur, de tendresse et d’amour platonique. Où son seul pêché (de chair), s’absout pour cause de reproduction.

La sexualité est à la fois tendre, caressant, stimulant, épanouissant, odorant, douloureuse,  passionnelle,  brutale, trash et perverse. Nous avons toute latitude de glisser le curseur selon ses besoins, son éducation, sa curiosité, car nous sommes adultes avec une conscience de soi et de l’autre. Dotés de valeurs qui devraient nous limiter à des rapports consensuels et consentis entre partenaires de jeu, mais là encore ce n’est pas la réalité.

Le film 365 DNI n’est ni un exemple à suivre en matière de pratiques ni un mode de vie très réaliste. C’est une fiction enjolivée d’une romance avec les rebondissements nécessaire pour en faire une histoire attractive. La mise en scène au cinéma dépend du regard de la réalisatrice et de la demande des actionnaires. Là encore on ne peut s’attendre à l’interpréter comme un modèle de savoir vivre en couple. Il y a tout autant à redire sur « faire justice soi même, devenir trafiquant, être un enfant roi. » Le contexte sulfureux et dangereux est un parti prix pour l’histoire.

Dans la réalité, le kidnappeur n’est ni beau à regarder, ni un dieu du sexe. C’est un sociopathe sadique brutal, pervers. Il n’attend pas le consentement ni n’enlève une femme par obsession pour la gâter. Il ne tolérait pas les affronts que le personnage féminin s’applique à lui infliger. Je suppose que tout bon macho sans parlé d’un mafieux, n’apprécierait pas d’être ridiculiser devant ses employés ou membres de la famille. Pour quelqu’un de dépeint comme violent excessif, le héro reste assez passif.

Donc c’est bel et bien une fiction à laquelle il est impossible de s’identifier.

La question est de savoir quelle place offre-t-on à la femme sexuée au cinéma sans entacher la morale du personnage et celle du spectateur ?

Maintenant revenons au réel

Si la femme n’est ni vierge, ni putain. Est-il entendable qu’elle puisse aimer se faire contraindre ? Qu’elle aime être salie ? Qu’elle aime se sentir cochonne ? Et derrière l’étiquette de la salope, peut-il, se cache une femme respectable même en dehors de la chambre à coucher ?

La lecture érotique n’est qu’un palliatif pour s’autoriser à sortir du rôle de la femme parfaite ou de la petite fille sage.

Je sais que la scène du début avec la fellation en gorge profonde est brutale.

Ce qui semble choquer est autant la pratique que l’idée de nous faire croire qu’elle a pu aimer se faire brutaliser.

  • Le doute renvoyé avait-elle consenti par envie ou par crainte ?
    c’est ouvert à toutes les théories, mais cela renvoie là encore à la place sur laquelle on s’indigne de nous voir prendre.
  • On enfonce le clou quand elle avale la dernière goutte qu’elle semble apprécier.
    Oui, c’est une des images que le cinéma véhicule pour déculpabiliser les hommes dans leurs besoins primaires. Est-ce que c’est ce que les hommes veulent ou font ? Est-ce que cela doit rester la seule image du rapport entre les deux sexes. Où se trouve l’équilibre entre l’homme et la femme ?
  • Doit-on passer du patriarcat au matriarcat ?
    Le pouvoir aux femmes en échange de siècles d’oppression.

Comment à l’air de « #me too,# balance ton porc », les femmes restent invariablement attirées par les hommes machos ?

Pourquoi en femme indépendante être attirée par un homme de pouvoir qui décide et dont le sens de la protection n’a d’égal que sa passion ? C’est contradictoire et pourtant l’envie est là. Dissonance entre l’esprit la morale et les besoins du corps.

Si ce type de film est plébiscité,  que recherche son public qui n’est pas à majorité masculine ?

La lectrice ne cherche pas à se faire violer, ni maltraiter. Elle est instruite, consciente des limites du respectable voire du convenable et portant, elle en redemande. Qu’est-ce qui l’anime ?

Oui, nous nous rejoignons sur la nécessité de ne pas tolérer les comportements de certains hommes et même des femmes envers la gent féminine ou tous types de genres et sexualités me semble fondamental. Toutefois, ce n’est certainement pas avec la castration des hommes, ou la trahison de la réalité sur la sexualité et des besoins de chacun que nous avancerons.

Votre libre arbitre est maintenu quand vous choisissez de ne pas regarder ou cautionner un comportement qui vous blesse. À vous de vous situer dans votre vie. Les grands débats pour savoir qui a un meilleur discernement,qui est plus intelligent qui se pense légitime pour s’insurger pour une cause.

En réalité, il n’est mis en avant que les résistances de chacun à se sentir libre d’agir et adopter une sexualité qui lui est toute personnelle.

Permettre aux jeunes générations de se respecter d’être en capacité à discerner ce qui est bon ou non pour eux, passe par l’éducation sexuelle et l’acceptation de ses besoins sans étiquette ni jugement.

Ce n’est pas d’inonder la toile de débats stériles sur la vision d’un livre ou d’un film qui va nous faire avancer. Cela s’appelle la liberté d’expression et savoir ce qui a inspiré l’auteure lui est personnel. Blanka lipinska est à l’image de son héroïne, une petite bombe sexy tatouée. La connaissance du sujet, sa sexualité ou ses mœurs sont peut-être différents, borderline mais pas moins pertinents.Il y a une forme de cohérence entre ce qu’elle est et ce qu’elle propose.

Si un peintre peint un tableau en bleu mais que toi tu aimes le rose, est-ce que sa toile mérite d’être décriée sous prétexte que tu n’aimes pas le bleu ?

Il est tout aussi absurde en tant que femme de s’identifier à cette représentation caricaturale de la bimbo, qu’il est affligeant d’assimiler l’acteur à son rôle.

Si tu n’es pas en accord passe ton chemin. La télévision, la littérature le cinéma ou tous autres médias proposent, c’est à toi de faire ton choix, rien de t’oblige à regarder. Tu es libre de boycotter, sans public, pas de nouvelles saisons, de nouveaux films ou de tomes supplémentaires.

Je m’interroge sur le besoin que trouvent ces personnes à regarder quelque chose qu’elles savent ne pas leur correspondre. A part le besoin impérieux de se décharger au travers la critique et vouloir convaincre d’adhérer à leur vision du monde, je ne vois pas.

  1. Dis-moi ce que tu aimes.
  2. Ce que cela provoque en toi .
  3. Ce que tu recherche au travers de ce type de lecture ou film.
  4. Tu peux aussi répondre aux quatre questions en début d’article

Soyez libre mesdames de regarder et lire ce qui vous inspire en toute liberté  sans vous sentir bafouées.

Annah

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