Livre du mois : SHUNGA d’Odile Bréhat

Posted on Juin 19 2014 - 9:29 by annah
gentleman à louer - SHUNGA d'odile bréhat

gentleman à louer – SHUNGA d’odile bréhat

Caroline fait appel à un escort-boy pour l’accompagner dans un restaurant un peu spécial. Elle ne sait pas encore où la mènera cette aventure..

Encore une belle pépite française à l’état brut.

SHUNGA

de son ancien titre, je le trouvais plus sensuel ! ca donnait un peu du mystère ! On s’attendait davantage à plonger dans l’univers des geishas ou dans le libertinage japonais.

Aujourd’hui c’est:

Gentleman à louer

> titre plus racoleur pour les lectrices de romans érotiques et plus vraisemblable avec l’histoire.
Dans tous les cas, cela ne retire rien au contenu qui est splendide.

Ce nouvel auteur vient à peine de plonger de l’écriture érotique.

Comme quoi des vocations arrivent à tout âge !

Et, je peux vous dire qu’ elle aurait des leçons à donner à ses paires. Les standards du genre mommy porn américains qui dégoulinent de superlatifs, qui étalent le luxe comme référence d’une interaction sensuelle et sexuelle. Des histoires vides et insipides comme peut en écrire Sylvia Day pour ne nommer qu’elle.

Je n’en pouvais plus de lire les mêmes scénarios,  l’idiote du village, la pauvre secrétaire ou l’étudiante qui tombe éperdument amoureuse  du plus bel homme de la planète, richissime surtout. Marre des contes de fées pour midinettes. Vous savez, les histoires des éditions Harlequin ennuyeuses à mourir.

Je cherchais ce que j’allais vous présenter ce mois-ci et je suis tombée par hasard sur Odile Bréhat.

C’est un auteur comme je les aime, humain, gourmand et hédoniste

J’ai plongé tête baissée dans son 2e roman, l’histoire d’amour très cochonne est dépeinte sans vulgarité, les fantasmes restent réalisables et semblent empreints d’une certaine expérience, un subtil mélange entre son vécu et une bonne dose d’imaginaire.

Son roman est plein de rebondissements. Le style est fluide et le vocabulaire élaboré. Enfin quelqu’un qui n’a pas besoin de dire ma grosse queue, mon membre ou ma bite pour parler de virilité.

Vous n’allez pas vous ennuyer !

Nous sommes de la même génération et avons en commun plusieurs auteurs érotiques. Tout comme moi, elle a un faible pour Sara Agnès. Je vous l’ai présenté, il y a déjà quelques mois avec le roman ANNABEL 1 et ANNABEL 2

Voici ce qu’elle en pense :

« Ce qu’elle écrit est délicieusement porno, les histoires sont bien construites, vraisemblables, on peut se projeter et surtout elle utilise un style simple qui rend l’histoire dynamique et vivante. »OB

  • Cette réplique peut tout à fait s’applique à Odile Bréhat

J’aime son parti pris, la sincérité de son écriture. L’histoire d’amour en toile de fond se tient sans compromis. Elle malmène ses protagonistes. Vous allez retrouver toute la palette des sentiments  que l’on peut ressentir lors d’une rupture. Toutefois, elle a su alléger le récit en parsemant de petites touches d’humour.

Je repense notamment moment où Caroline est surprise sur les containers à poubelles en tenue de soirée juste pour pouvoir s’infiltrer dans une soirée privée ! et bien évidemment, elle se fera surprendre…

C’est une très belle histoire sensuelle qui met en avant les relations humaines, quelles qu’elles soient.
Elle montre joliment une autre manière de vivre l’amour, que l’on soit hétérosexuel, lesbien ou homosexuel.

Le plaisir sera au rendez-vous, bien sûr ! De scènes érotiques, celles du « dark shunga » sont incroyables, intenses à souhait, des détails intimes, un bon rythme, je ne doute pas qu’ils sauront vous donner quelques idées.

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Ce roman a réveillé la voyeuse qui sommeillait et peut-être que je me suis retrouvée dans le côté maso de Caroline.

Extrait :

J’envoie valdinguer la petite voix qui me dit de reprendre le contrôle et m’abandonne corps et âme à ses désirs…

Il caresse les manques qu’il a laissés sur mon corps et j’avoue avec trouble, j’adore qu’il me tatoue ainsi…

S’il me veut douce et obéissante, je saurais me faire douce et docile, parce que malgré moi, malgré tout, je lui fais confiance aveugle et je crois que j’ai follement envie de me laisser guider….

Petit plus, les scènes du restaurant shunga au début du livre, sont très visuelles.

peinture japonaise

peinture japonaise

Je suis allée faire quelques recherches et voici ce que j’ai pu dénicher sur le « shunga »

C’est une représentation érotique de la vie joueuse menée dans les palais japonais. Une satire représentant l’homme et la femme dans la vie quotidienne, habillés pour  bien mettre en valeur la partie dénudée et caricaturée (taille des organes génitaux peu réaliste)

Ces scènes offrent une grande variété de mise en scènes généralement hétérosexuelles, mais pas seulement. On peut voir notamment  des scènes homosexuelles, lesbiennes et même de scènes de zoophilie qui on trouvé clémence au travers de cet art.

Les peintures japonaises alimentent bien l’imaginaire sans rentrer dans la vulgarité

peinture érotique japonaise

peinture érotique japonaise

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Bonne lecture

On se retrouve la semaine prochaine pour l’interview avec Odile
Annah

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