La nudité de l’être.

La nudité de l’être et du paraître
Pour revirer sens dessus dessous l’être.
Nudité du vivre en timidité
Pour l’émotion d’une réalité.
Nudité en mesure de chaque heure,
Quand le temps nous nourrit de sa valeur.

Nous qui entrons en notre temps d’humanité
En y laissant du néant et du sang les traces,
Nous avons perdu la raison de nos racines.
Qui donc a rompu le fil de nos origines?
Ivre, le monde tournoie tout autour du moi
Comme l’ombre frémissante d’un ange en émoi.

Le matin tisse son or
Sur la nudité du corps
Qui au vent comme un feuillage
Tremble en intime maillage
De ces éclats sur la peau
Qui y battent leur tempo.

L’autrefois d’avoir été, le bonheur du naître.
Le temps en filament de soie de nos ossements.
La vie s’épuise et se répand, le ciel nous ment,
Grugeant nos crânes jusqu’à la nudité d’être.
Roseau des rives à regarder se baigner
Le nu, de la soif de vivre, tout imprégné.

Dans le matin qui encore s’étire
Je baigne nu dans la couleur des fleurs.
La couleur mouille et s’emmêle en délire
En immobile état ensorceleur.
Au loin les cloches sonnent l’improbable.
L’eau froide m’enlace de ses variables.

Nous rêvions la nudité,
Ce cri de notre conscience.
Dérive de notre essence
En l’immatérialité
Quand notre plaisir s’étire
Et que nos âmes chavirent.

Silhouette des falaises dans le matin,
En filaments d’ombres chinoises sur l’or fin,
Dansent nos corps que le vent du large caresse
D’embruns de marées jusqu’en notre forteresse.
La mer descend et monte ses clapotements
Et s’envolent nos secrets en chuchotements.

Cette passion, dans l’univers immense,
Nous enneige de son éternité.
Un ailleurs nous givre de sa semence
En ce voluptueux jouir du coïter.
Nous raclons des siècles cette mémoire
Qui du sublime ne fût qu’amusoire.

Le soir se fait son plaisir,
Quand la passion satisfaite
Éteint soudain le désir.
Nous voguons vers la défaite
Avec cette infirmité
À nier la nudité.

Quand ton nu se baigne en automne d’or,
Ta blancheur enlumine tout ton corps,
Y recopiant de la vie les mystères
De cet éden-enfer qu’est notre terre.
La peau nue n’est plus que ce parchemin
Fragile où sont gravés nos lendemains.

Nous qui entrons en notre temps d’humanité
En y laissant du néant et du sang les traces,
Nous avons perdu la raison de nos racines.
Qui donc a rompu le fil de nos origines?
Ivre, le monde tournoie tout autour du moi
Comme l’ombre frémissante d’un ange en émoi.

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