Roman érotique

Depuis son plus jeune âge, Tessa était promise à un avenir tout tracé : une vie rangée, une brillante carrière, un mariage tranquille avec son fiancé de toujours. Jusqu’à sa rencontre avec Hardin à son arrivée à l’université. Grossier, provocateur, cruel, c’est le garçon le plus détestable qu’elle ait jamais croisé. Et pourtant, ce bad boy tatoué pourrait bien lui faire perdre tout contrôle…

S’il y a bien une chose que l’on ne peut retirer aux adolescents, c’est l’aspect exacerbé de leurs sentiments qui oscillent du très passionné ou très colérique, un remake “je t’aime moi non plus, si tu me quittes, je meure “:)

Pourtant , « After, la rencontre chapitre 1 » qui est en ce moment à l’affiche et qui suis les pas de 50 nuances de Grey, a réussi à montrer une romance d’une platitude affligeante avec les stéréotypes du genre le bad boy tatoué off course et l’intello coincée, mais vierge.
La virginité est semble-t-il un élément clé pour attirer l’attention de ces messieurs.
Déniaiser l’oie blanche est le gage d’amour et d’attachement. Tu es à moi, je t’ai marqué jamais plus tu ne sauras te passer de moi ton corps sera en manque, tu me reviendras, je suis un dieu du sexe blablabla

Puis-je vous recommander la romance en 5 tomes, pas certaine.

Je me demande, si je ne suis pas trop vieille pour cette thématique, les jeux puérils, « action-vérité » ou le billet qui passe de lèvres en lèvres, les jeux alcoolisés au sein d’une fraternité rien d’inquiétant dans le quotidien des étudiants ??? La drogue qui circule sans filtre sur un campus, vous vous doutez ceci n’augure rien de bon, d’autant que la jalousie plane.
On nous dépeint une jeunesse décadente, facilement influençable sur la pression du groupe, un total manque de moral voire de jugeote pour ce qui est de sauver ses fesses. Le décor est planté.

MON AVIS
Vais-je pouvoir m’identifier certes non, être émoustillé de leur sexualité pas du tout. Je vous rappelle qu’elle est vierge et lui copule avec le moindre trou dans un but somme toute hygiénique se vider les couilles. L’image de la bad girl se voit bien égratignée tous arguments dehors cela laisse peut de place à la construction du désir. L’ado en rute n’a plus qu’à se servir. On comprend mieux l’attrait pour les types comme Hardin de vouloir cerner des jeunes filles plus secrètes. Personnage d’une grande profondeur, je n’irai pas jusque-là. Le challenge du mal alpha qui se retourne contre lui et se fait piéger à tous les coups. Si tu te refuses, tu deviens attrayante malgré que tu ne sois pas mon genre. Superbe intrigue !

Que rajouter sur les relations entre filles, jalousie méchanceté tous les coups sont permis même à mettre en péril leur état physique et mental. Je vous passe le fait de passer tout ceci sous silence surtout quand on voit les chiffres des violences faites aux femmes sur les campus américains.

Autre point intéressant qui m’interpelle : « Avant lui, elle contrôlait sa vie » sa mère avait tout décidé sur le déroulement de sa vie dans les moindres détails jusqu’à son mariage le choix de l’homme qui lui conviendrait sa garde de robe son style vestimentaire. Une mère qui, après s’être fait larguer, à fait un focus sur sa fille, pour vivre sa vie à travers elle. Où est le contrôle, le choix, l’émancipation, l’autonomie pas étonnant qu’elle fasse sa crise d’adolescente qu’elle ait envie de s’amuser et de défier l’autorité.

After est décidément un livre pour ados, mais quels ados ??

La saga quoi que beaucoup trop longue et redondante (je rentrerais plus en détail en dessous) à mon goût est néanmoins plus passionnante que son adaptation cinématographique.

Voici un extrait des dialogues :
Qu’est-ce que j’ai fait pour que tu me détestes à ce point ? Tu peux avoir pratiquement toutes filles que tu veux et tu t’acharnes à perdre ton temps – et le mien à inventer de nouvelles façons de me faire du mal. Qu’est-ce que tu cherches ? Est-ce que je te déplais tant que ça ? Non, ce n’est pas ça. Je ne te déteste pas, Tessa. C’est juste que tu fais une cible tellement facilement. Ce n’est qu’une question de tableau de chasse, tu vois ? Il dit ça d’un air satisfait, mais avant qu’il ne puisse continuer …… Je sors de la maison. En marchant jusqu’à l’arrête de bus, je réalise que j’ai raté tellement de cours dernièrement que je peux aussi bien rater le reste de la journée pour me chercher une voiture … Je repense à ce que Landon a dit au sujet des chagrins d’amour, que si on n’aime pas la personne, elle ne peut nous briser le cœur. Hardin n’arrête pas de me briser le cœur même quand je crois qu’il n’y a plus rien à briser. Et j’aime Hardin. Je l’aime.

C’est tellement absurde que c’en est juste ! Il la tourne en ridicule joue avec ses sentiments lui ment. Il va lui volé ce qui était censé appartenir à un autre simplement pour fanfaronner devant son groupe. On fait des vidéos à l’insu des filles, on les visionne entre potes. On diffuse, on alterne les partenaires, on baise la nouvelle venue comme trophée de chasse. Aucun d’entre eux ne ressent de compassion de honte ou de culpabilité.
Théresa est la prochaine. Elle est anéantie et tout le monde rit !
Non, ne pars pas. Je t’aime. Tu m’aimes, pardonne-moi. Non, revient ! Je suis un salaud.
Et d’après vous, elle revient ou pas ? Est-ce des excuses au point de passer sur les atrocités juste parce qu’il souffre ou que chacun à pitié de l’autre, est-il possible de baser la réconciliation sur cette basse ??

La jeune auteure nous sert comme dans 50 nuances les mêmes références du 17e . Je pense que Jane Austen et Emily Brontë vont se retourner dans leur tombe à être l’excuse de joutes verbales. Alors, réponse : ennui ou passion – besoin de mettre du piment ou fuir sa réalité. Réponse dans nos films pseudo-romantiques où les héros s’identifient à l’un des personnages.

Le mot aimé comme pommade, on y croit forcément, sinon pour quelle raison vouloir lire la suite 2, 3, 4 et enfin la délivrance avec le 5. Ils ont grandi, ils ont continué à se déchirer, mais ils s’aiment toujours. Vraiment ??? Si si on y croit !

Il ne pourrait y avoir une fin autre qu’à la Disney « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ????? Est-ce vraiment ainsi que chaque histoire doit se terminer ? Évidemment, je ne vous raconterais pas la fin, je vous laisse le plaisir d’attendre encore et encore pour savoir s’ils finiront ensemble. Enfin, rien ne vous oblige à vous affliger la lecture du roman phénomène de l’année.

Pourquoi avoir sélectionné ce roman ? Je me le demande encore et ce qui m’attriste le plus c’est que ce soit une toute jeune auteure qui nous plonge dans une histoire où le personnage central est à ce point ballottée sans prendre acte des conséquences. Que dire de ses femmes qui y verront un modèle à transmettre à leurs filles. L’amour triomphe toujours, il faut continuer de croire au prince charmant même tatoué. Penser que la femme va grâce à son pouvoir magico-spirituelle transformer le salaud abjecte en agneau.

Les acteurs ne conseillent pas aux parents de lire cette œuvre qu’ils considèrent comme subversive, choquante et coquine. En vrai de quoi parle-t-on ? D’un jeune homme dépravé qui se lance dans un pari fou de détourner une jeune fille à maman naïve. Il lui fera découvrir les plaisirs de la chair très basique : une petite léchouille évidemment en retour elle lui taillera une pipe et grâce à son pénis magnifique lui fera atteindre les sommets de l’extase et c’est sur cette base que l’on construit le romantisme contemporain. La frontière du bien et du mal n’est pas si délimité mais avec ce type destéréotypes et bien, on n’est pas là d’évoluer.

Je vous avoue que cet engouement m’inquiète.
Je ne vois pas ce qui peut plaire aux filles aux femmes dans ce roman.
On baisse notre niveau de vigilance quand le viol, les violences morales, l’ébriété, la drogue deviennent des éléments pour rendre croustillante une histoire qui se veut romantique.
Comment expliquer aux jeunes filles que la relation homme/femme peut se faire dans l’équité, la confiance, la bienveillance et la connivence après ça ?


J’aime les histoires pour adultes. J’aime le plaisir. J’accepte beaucoup de pratiques dès lors que les actes sont consentis et apportent un plus au couple, mais j’avoue ne pas valider celle-ci. Je n’apprécie pas cette banalisation.

Annah

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